L’Observatoire des religions
Johannes Sachslehmer

Wien anno 1683

Pichler Verlag, Wien 2004

vendredi 6 juillet 2007

Une première fois en 1529, Vienne avait résisté victorieusement aux assauts des Turcs. Le 14 juillet 1683, le grand vizir Kara Moustafa, dit le Noir, se présente aux portes de la vielle impériale avec une armée de 300 000 hommes. Il s’est promis de prendre Vienne et de l’offrir à son maître Mahomet IV. La voie de l’Europe centrale serait ainsi ouverte, et l’armée ottomane pourrait envisager de débouler en Italie et d’arriver jusqu’à Rome.

Le 12 septembre, à l’aube de la bataille décisive, sur le Kahlenberg, qui domine la ville au nord, le capucin célèbre la messe devant les armées polonaises et impériales réunies. Et au lieu de la terminer par le traditionnel Ite missa est, il crie le prophétique Ioannes vinces. Toutes les cloches de la ville sonnent à la volée. Femmes et enfants prient dans les églises, implorant l’aide de la Vierge Marie. Jan Sobieski qui a servi la messe, communie, arme son fils chevalier et déclare à ses troupes « Aujourd’hui, il y va tout ensemble de la délivrance de Vienne, de la conservation de la Pologne et du salut de la chrétienté entière ! » Puis, il se met à la tête des coalisés et chargea en criant : « Non nobis, Domine, non nobis, sed nomini tuo da gloriam ! » A la fin de la journée, les Turcs sont en fuite.
Le 13, le roi Jan, après son entrée triomphale à Vienne, va se prosterner avec ses généraux devant la statue de Notre-Dame de Lorette vénérée dans l’église des Augustins.
Le pape Innovent XI attribue lui aussi cette victoire à l’intercession de la Vierge. En ex voto, il fait du 12 septembre le jour où l’on fête le Saint Nom de Marie. Saint Pie X confirmera cette date le 1er novembre 1911. Défait, Kara Moustafa est décapité à Istanbul. C’est ainsi que l’on traitait les généraux vaincus dans l’Empire ottoman…


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