L’Observatoire des religions
Philippe Simonnot publie

Enquête sur l’antisémitisme musulman, De ses origines à nos jours

« Un livre dérangeant, y compris pour Israël », selon Yvan Rioufol

mardi 1er décembre 2009

Philippe Simonnot publie Enquête sur l’antisémitisme musulman, De ses origines à nos jours, aux Editions Michalon, mars 2010.

L’antisémitisme musulman est-il tabou en France

Cela va faire un mois que le livre de Philippe Simonnot : Enquête sur l’antisémitisme musulman, De ses origines à nos jours (Ed Michalon) est en librairie, et il n’a pas eu le droit à un seul article dans les media.

Pourtant, l’antisémitisme a littéralement explosé ces dernières années dans les mondes musulmans, en France comme ailleurs.

Ce phénomène massif est largement nié, dénié, refoulé en Occident, et particulièrement en France, où l’on se targue pourtant d’une vigilance rigoureuse dans ce domaine. Comme s’il y avait deux poids deux mesures.

Qu’en est-il, donc, exactement de l’antisémitisme musulman ? Il fallait une enquête à ce sujet, la plus minutieuse et la plus objective possible. Ne pouvant se limiter à l’actualité immédiate, elle devait forcément remonter dans le temps, de siècle en siècle, jusqu’aux origines de l’islam, même si ce dernier, en lui-même n’est pas plus antisémite que le christianisme, le Dieu Miséricordieux ne pouvant être soupçonné de la moindre haine à l’égard d’aucun être humain.

Philippe Simonnot, qui a montré dans d’autres livres et articles récents les compétences nombreuses, aigues, qui sont les siennes dans les religions issues de la Bible, a mené cette enquête de bout en bout, sans préjugé, avec obstination.

Au point de départ du livre, des textes effroyables tirés de la presse arabe de ces dix dernières années où l’éloge d’Hitler voisine avec les pires accusations contre les juifs dans le style de la presse antisémite de l’Europe nazie.

Puis on remonte jusqu’au Coran d’où est tirée l’idée répandue aujourd’hui que « les juifs descendent des singes et des porcs ». Dans la Sîra (biographie traditionnelle du Prophète), les juifs de Médine sont chassés, pillés, massacrés ; tous les hommes d’une tribu juive sont égorgés de la main même du Prophète, un fait caché par les biographes modernes de Muhammad (Maxime Rodinson, Mahmoud Hussein, Tarik Ramadan, par exemple).

Ensuite, le fameux statut de dhimmi (protégé) est réexaminé à la loupe, quelques mythes sur la symbiose judéo-musulmane et le « miracle andalou étant sérieusement écornés au passage.

Vient la rencontre entre l’Europe impériale, coloniale et l’islam. La plupart des juifs sont aspirés par le style et le niveau de vie européens. D’où la haine du « protecteur » qui se sent trahi et dépassé.

Le sionisme aggrave la situation des juifs en terre d’Islam. D’autant que derrière le sionisme (juif) se cache un sionisme chrétien qui lui est antérieur de plusieurs siècles. L’auteur met en lumière ce mouvement peu connu. L’expression « une terre sans peuple pour un peuple sans terre », qui a fait couler tant de larmes et de sang, est d’origine chrétienne. La célèbre déclaration Balfour, qui est à l’origine de l’Etat d’Israel « a été en un sens très profond un document chrétien », confirme le Rabbin J. Zwi Werblowsky. Mais derrière le philosémitisme chrétien, se cache l’arrière pensée de « vider » la diaspora juive de son contenu au détriment d’un « non-peuple indigène ».

Simonnot montre ensuite à quels excès peut conduire l’antisémitisme musulman en rappelant la carrière étonnante du grand mufti de Jérusalem, ce criminel de guerre qui n’a échappé au tribunal de Nuremberg que grâce à la protection de la France.

Tout cela aboutit à l’épouvantable « nettoyage » de la Palestine en 1948, prémédité de longue date comme le démontre Simonnot. Le livre se termine sur la manière dont la France a « donné » la bombe atomique à Israël comme paiement pour la participation de l’Etat juif à l’opération de Suez de 1957, qui se termine par le désastre que l’on sait. Introduire l’arme nucléaire dans la poudrière du Proche-Orient n’est pas ce que l’on pouvait souhaiter de mieux. D’autant qu’Israël en a tiré le statut unique de puissance nucléaire non avouée, qui ne fait que lui attirer davantage de haine et de méfiance de ses voisins.

Les résultats, souvent surprenants, toujours instructifs, de cette enquête vont dans le sens de la vérité qui, contrairement au dicton, est bonne à dire, surtout si l’on recherche une paix authentique entre les peuples.

Diffusé par pilczer@aol.com


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