L’Observatoire des religions
Essai d’investigation empirique

Islam et développement économique

par Hamdi KHALFAOUI

mercredi 31 mars 2010

Le présent article cherche à démonter si l’Islam, en tant qu’ensemble de croyances religieuses, favorise le développement et la prospérité économique du monde musulman ou il constitue entre autres un facteur de blocage et de pauvreté. Notre étude empirique, portant sur un échantillon de pays arobo-musulmans et musulmans non arabe, conclue qu’en général l’Islam favorise le développement économique. Cependant, les choix de politique économique jugés parfois inappropriés et la structure du système de gouvernance adoptée par certains pays musulmans expliqueraient les causes de leur sous-développement.

This article seeks to dismantle if Islam as a religion affect the behavior and entrepreneurial spirit of Muslims is a factor of development and economic prosperity or impede and poverty. Our empirical study, covering a sample of countries arobo-msulmans and non-Arab Muslims, concluded that in general Islam promotes economic development. However, the politico-economic choices deemed inappropriate and sometimes the structure of governance adopted by some Muslim countries explain the causes of their underdevelopment.

Mots clés : Islam, développements économiques, données de panel

Session II/ Islam et développement économique : essai d’investigation empirique

Les recherches empiriques sur les déterminants de la croissance économique ont généralement négligé l’influence de la religion. Même les quelques études empiriques traitant du sujet suggèrent que ces liens restent complexes et paradoxaux.

Pour combler cette lacune et mieux serrer cette relation, nous essayerons à travers un panel de pays arabe musulmans et musulmans non arabe d’étudier en premier lieu les effets de l’Islam, en tant que pratiques religieuses, sur la croissance économique. En deuxième lieu nous nous pencherons sur les causes qui peuvent affecter cette relation.

I/ L’impact de l’Islam sur la croissance

1/ Le choix des variables Dans la revue de la littérature théorique et empirique qui traite des déterminants de la croissance économique on distingue généralement deux catégories de variables exogènes : des variables de contrôle et des variables explicatives.

1.1/ La variable endogène notée (PIB) est la croissance économique représentée par le logarithme du PIB réel par habitant

1.2/ Les variables exogènes :

1.2.1/ Les variables de contrôle : Concernant le choix des variables de contrôle, cinq indicateurs ont été pris en considération, vu l’importance de leur pouvoir prédictif et leur impact direct sur la croissance économique. La plupart de ces variables ont été traditionnellement choisies dans la littérature de la croissance endogène pour expliquer et mesurer la variabilité du taux de croissance du PIB réel par tête :

 Le niveau du PIB initial par tête1986 notée (GDPI) : il mesure le degré de convergence des pays vers l’état d’équilibre. On parle de  convergence, si et seulement si, cette élasticité est statistiquement négative.

 Le stock du capital humain notée (KHUM) : estimée à partir de la moyenne du taux de scolarisation secondaire.

 Le taux de croissance de la population notée (POP) : un taux élevé de la population exerce un effet appauvrissant sur la croissance. Si le signe de cette variable est positif, nous déduisons que l’impact du capital humain dépend d’autres politiques menées dans d’autres domaines notamment l’ouverture commerciale. Cette déduction nous amène à introduire une variable d’interaction définie comme étant le logarithme du produit capital humain et le taux d’ouverture notée "KHUMTO".

 Le degré d’ouverture commerciale de l’économie notée (TO) : estimé par le volume des exportations plus les importations en pourcentage du PIB.

 Taux d’investissement privé par rapport au PIB notée (IGDP) : estimé par la formation brute du capital fixe plus la variation de l’épargne privée.

 Le taux d’inflation notée (INF) : il est mesuré par l’indice général des prix à la consommation.

1.2.2/ Les variables explicatives :

1.2.2.1/ La variable de l’Islam notée (Musl). Etant conscient qu’il n’existe pas des mesures standard et unanimes pour identifier la dimension économique de l’Islam. Et que même les autres mesures possibles tel que le degré d’extension de la norme islamique au domaine économique, commercial, fiscal, financier etc. est difficile à agréger, nous avons pris le pourcentage des musulmans dans chaque pays (voir tableau ci dessous). Cette mesure consiste à faire passer l’effet de l’Islam sur la croissance par le comportement entrepreneurial individuel des musulmans.

1.2.2.2/ Les variables institutionnelles : sont représentées par l’indice de corruption noté (CRP) et le taux d’analphabétisme dans chaque pays noté (ALPH)

2/ Le choix de l’échantillon : Afin de différencier entre pays arabe musulmans et pays musulmans non arabe, nous avons proposés de scinder notre échantillon comme suit :

- Le premier échantillon est composé des pays musulmans ;

- Le deuxième échantillon est composé des pays arabe musulmans

-  Le troisième échantillon est composé de pays musulmans non arabes .

L’idée ici c’est de comparer ces différents échantillons pour en savoir si le problème de disparité de richesse et du niveau de développement économique est dû plutôt à l’Islam comme étant une doctrine religieuse défavorisant la croissance ou bien à d’autres facteurs liés à la civilisation et à l’environnement socioculturel de chaque pays.

Pour ce faire nous allons effectuer trois régressions :

-  La première régression prend en considération uniquement les variables de contrôle

-  La deuxième régression fait introduire la variable de l’islam dans le modèle initiale pour estimer son effet sur la croissance économique

-  La troisième régression cherche à montrer si le bien être de l’islam est lié à un cadre institutionnel favorable (corruption bas et taux d’analphabétisme faible), suite à l’introduction des deux variables interactives.

 L’auteur est Aide financier dans une société de carrière à Kairouan (SARL) :  Financier dans une de distribution de caoutchouc à Tunis (SARL)  Membre du laboratoire de recherche "PSDD » à la FSEG- Tunis  Membre du comité d’organisation de la JEMOB  Enseignant à l’ISIG de Kairouan (2002/2003, 2003/2004, 2004/2005 et 2005/2006)

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