L’Observatoire des religions

Les parents préfèrent les filles dociles

lundi 21 janvier 2008

Dans la plupart des civilisations, les parents préfèrent que leurs filles soient dociles, c’est-à-dire « réservées, chastes, femmes d’intérieur, et bonnes », pour reprendre les expressions de l’Apôtre Paul, ou encore, selon le Coran, doivent-elles apprendre à être « vertueuses et obéissantes ».
Dans un exposé devant le premier « atelier du Réseau européen pour l’économie de la religion (European Network for Economics of Religion – voir encadré) qui s’est tenu à Grenade (Espagne) en novembre 2007 , Birendra Rai, économiste à l’Institut économique Max Planck de Iéna (Allemagne), a présenté un modèle mettant en équation la docilité des filles, le bien-être des parents ainsi que celui des candidats au mariage.
L’un des paradoxes que Birendra Rai a soutenus avec brio et humour est que le coût d’un accroissement de la surveillance de la bonne conduite des filles est plus élevé dans les sociétés où la gent féminine dispose d’une plus grande autonomie. En effet, dans les sociétés traditionnelles où les filles sont surveillées en permanence par leurs parents, leurs frères, leurs cousins, un tour de vis supplémentaire et « quelques gifles » (pour reprendre une expression de Birendra Rai) suffisent à ramener les filles indociles à une conduite « convenable ». Dans les sociétés où les filles sont plus libres de leurs mouvements, les parents doivent dépenser beaucoup de temps, d’énergie psychique, sinon d’argent (éducation, cadeaux, loisirs, psychothérapie, psychanalyse, pensionnat) pour convaincre une fille dévergondée de revenir à une conduire moins indocile. Néanmoins, les parents font ces dépenses parce qu’ils ont toujours en vue le mariage de leur fille, et si possible avec un « bon parti ».
Un autre paradoxe intéressant est le cas des sociétés où il y a une très grande abondance de terres. A ce moment, ce qui compte pour les familles, c’est non pas la virginité des filles, mais leur fertilité, et les hommes préfèrent être sûr que leur futures épouses ne sont pas stériles. Mais comment vérifier la fertilité d’une vierge ? La fille qui a eu des rapports sexuels ayant donné lieu à grossesse a dès lors plus de valeur qu’une vierge dont la fertilité n’est pas assurée. Dans l’échelle des valeurs, la fertilité passe alors avant la virginité.

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