L’Observatoire des religions

Les parents préfèrent les filles dociles

lundi 21 janvier 2008

Dans la plupart des civilisations, les parents préfèrent que leurs filles soient dociles, c’est-à-dire « réservées, chastes, femmes d’intérieur, et bonnes », pour reprendre les expressions de l’Apôtre Paul, ou encore, selon le Coran, doivent-elles apprendre à être « vertueuses et obéissantes ».
Qu’on me permette ici de raconter une anecdote personnelle. Un mien ami a perdu son frère, frappé d’un cancer foudroyant à l’âge de 51 ans, les parents venant tout juste de fêter leurs « noces d’or » (50 ans de mariage). Peu avant la mort de ce frère, l’hôpital a envoyé par erreur au domicile des parents les analyses de sang du malade. Le père a ouvert l’enveloppe et a découvert, en comparant ces analyses avec les siennes, qu’il ne pouvait être le père de son fils aîné, que par conséquent sa femme l’avait trompé au tout début de leur mariage et que pendant 51 ans elle lui avait menti. Il a jeté son alliance à la tête de son épouse et s’est enfermé dans un mutisme jusqu’à son décès dix ans plus tard. J’avoue que je n’ai pas demandé à mon ami s’il avait vérifié qu’il était bien, lui, le fils de son père…
Ainsi, les hommes ne peuvent jamais être assurés de la fidélité de leurs futures épouses. Mais ils sont disposés à croire, à tort ou à raison, qu’une fille « bien éduquée » et donc supposée docile, a plus de chance d’être fidèle qu’une fille « mal éduquée » et indocile.
En un mot, sur le « marché » du mariage, les filles dociles font prime sur les filles indociles. L’argent dépensé dans l’éducation et la surveillance des filles est une sorte d’investissement qui anticipe sur les bénéfices espérés d’un « beau mariage ». Bénéfices qui profiteront à l’épousée, mais aussi à ses parents : d’abord la fille n’est plus à leur charge ; ensuite plus riche est le mariage, plus grand le prestige qu’eux-mêmes en tireront.

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