L’Observatoire des religions

Les parents préfèrent les filles dociles

lundi 21 janvier 2008

Dans la plupart des civilisations, les parents préfèrent que leurs filles soient dociles, c’est-à-dire « réservées, chastes, femmes d’intérieur, et bonnes », pour reprendre les expressions de l’Apôtre Paul, ou encore, selon le Coran, doivent-elles apprendre à être « vertueuses et obéissantes ».
Cette docilité a différents degrés.
Version hard, on trouve la mutilation sexuelle qui touche encore quelque 150 millions de femmes aujourd’hui dans le monde. La répression peut aussi aller jusqu’au meurtre : chaque année, des filles sont tuées pour l’ « honneur » parce que elles ont « fauté ». Pour ne rien dire des femmes lapidées à mort sur le simple soupçon d’adultère. La clitoridectomie, l’ablation des grandes et petites lèvres ont pour effet de réduire considérablement le plaisir féminin, voire de le supprimer, la femme sans plaisir sexuel étant supposée plus docile et plus fidèle que celle qui en éprouve !
Version soft, c’est l’inculcation des vertus dites féminines par l’éducation, qui, aujourd’hui, ne vont parfois pas au-delà de recommandations de vêtements décents et d’attitudes « correctes ». La virginité fait partie de ces valeurs. Encore en 1935, aux Etats-Unis, la loi punissait plus lourdement un homme qui rompait sa promesse de mariage dans le cas où la fille avait perdu sa virginité au cours des fiançailles que dans le cas où elle était restée vierge. Au milieu du 20e siècle, dans les campagnes françaises, les draps du lit de noce, maculés du sang de la défloration, étaient exhibés comme preuve que la mariée était bien vierge quand elle est entrée dans le lit conjugal. Aujourd’hui même, des chirurgiens gagnent confortablement leur vie en fabriquant des virginités à la veille d’un mariage.
Certes la pilule contraceptive a sensiblement dévalorisé la virginité, mais elle n’en reste pas moins un tabou dans de très nombreux pays. Même dans les société « évoluées », les parents dépensent beaucoup d’argent et de temps pour s’assurer de la docilité de leurs filles, et cherchent encore souvent à ce qu’elles évitent d’avoir des relations sexuelles complètes (c’est-à-dire avec défloration) avant le mariage.
Dans toutes les sociétés, « évoluées » ou non, les textes sacrés (par exemple la Bible, le Nouveau Testament et le Coran, sont utilisés pour soutenir ou renforcer ce type d’éducation. [1]

[1] Réservées, chastes, bonnes, obéissantes, et …soumises à leur mari Pour l’Apôtre Paul, l’éducation des filles doit être confiée à des femmes âgées donnant elles-même l’exemple de la docilité. « Que les femmes âgées, écrit Paul à son disciple Tite, aient la tenue qui convient à de saintes personnes ; qu’elles ne soient pas médisantes ni adonnées au vin ; mais qu’elles soient de bon conseil ; elles apprendront ainsi aux plus jeunes à aimer leur mari et leurs enfants, à êtres réservées, chastes, femmes d’intérieur, bonnes, soumises à leur mari, pour que la parole de Dieu ne soit pas blasphémée ». (Paul, Lettre à Tite, 2, 5)
Dans le Coran, on trouve ce portrait des vertus féminines qui doivent être inculquées par avance aux jeunes filles :
« Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs qu’Allah accorde à ceux-là sur celles-ci, et aussi à cause des dépenses qu’ils font de leurs bien. Les femmes vertueuses sont obéissantes (à leurs maris), et protègent ce qui doit être protégé, pendant l’absence de leurs époux, avec la protection d’Allah. Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d’elles dans leurs lits et frappez-les. Si elles arrivent à vous obéir, alors ne cherchez plus de voie contre elles, car Allah est certes, Haut et Grand ! » (Coran, 4, 34).


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