L’Observatoire des religions
Un rapport du Sénat français : Le nouvel « âge d’or » des fonds souverains au Moyen-Orient

Le boom des fonds islamiques

Une croissance de 15 % par an dont a pleinement profité la City de Londres

jeudi 8 novembre 2007

Réunie le mercredi 17 octobre 2007, sous la présidence de M. Jean Arthuis, président, la commission a entendu un compte rendu du déplacement effectué du 25 mars au 1er avril 2007 par une délégation de la commission dans trois Etats du Golfe persique : Emirats arabes unis (EAU), Royaumes de Bahreïn puis d’Arabie Saoudite.
M. Arthuis a notamment détaillé le phénomène de finance islamique, qui rend compatible la finance avec l’éthique musulmane et se définit comme un ensemble de produits financiers conformes à la Charia. Il a constaté qu’il s’agissait d’un marché à très fort potentiel de développement, en croissance de 15 % par an vis-à-vis duquel la City disposait déjà de plusieurs années d’expérience. Et de plusieurs longueurs d’avance.

Dans le rapport du sénat, on peut lire sur le sujet des fonds islamiques les développements suivants

UNE SPÉCIFICITÉ : LA TECHNIQUE DE LA « BANQUE ISLAMIQUE »
1. Conformer la finance aux principes de l’Islam
L’ensemble des règles de conduite régissant la vie privée et publique des musulmans est codifié par la Charia, ou loi islamique.
Afin de rendre compatible la finance avec l’éthique musulmane, « la finance islamique » a vu le jour dans les années 1970. Celle-ci se définit donc comme un ensemble de produits financiers conformes à la Charia.
Ainsi, ne peuvent pas être investis dans des opérations associées à l’alcool, au tabac, à la pornographie et aux paris.
Tous les produits financiers islamiques doivent être approuvés par des ulemas, spécialistes de la Charia, habilités à se prononcer sur la conformité d’un produit financier avec la loi islamique. Ainsi cette dernière réprouve la « riba » (l’usure) à savoir le fait de « rémunérer l’argent » lui-même (versets 275 et 276 de la 2ème sourate du Coran [1]). Le mécanisme juridique consiste donc à trouver un « bien réel intermédiaire », actif non monétaire, qui constitue le véhicule porteur des produits financiers islamiques. Pour l’achat d’un bien immobilier, c’est la banque qui achète le bien et le loue à son client (ijara ou crédit bail) et/ou le lui revend en différé (murabaha).
Cette technique est éprouvée et n’engendre qu’un faible coût supplémentaire d’intermédiation, qui ne semble pas constituer un frein, surtout au regard de l’importance du marché ouvert aux établissements financiers devenus « charia compliants », marché sur lequel les banques anglo-saxonnes sont particulièrement présentes et qu’il convient donc de ne pas délaisser.

Rapport d’information n° 33 (2007-2008) de MM. Jean ARTHUIS, Philippe MARINI, Aymeri de MONTESQUIOU, Philippe ADNOT, Michel MOREIGNE et Philippe DALLIER, fait au nom de la commission des finances, déposé le 17 octobre 2007

[1] Ceux qui se nourrissent de l’usure ne se dresseront au Jugement dernier, que comme se dresse celui que le Démon a violemment frappé.
Il en sera ainsi, parce qu’ils disent : "La vente est semblable à l’usure". Mais Dieu a permis la vente et il a interdit l’usure.
Celui qui renonce au profit de l’usure, dès qu’une exhortation de son Seigneur lui parvient, gardera ce qu’il a gagné. Son cas relève de Dieu.
Mais ceux qui retournent à l’usure seront les hôtes du Feu où ils demeureront immortels.
Dieu anéantira les profits de l’usure et il fera fructifier l’aumône. Il n’aime pas l’incrédule, le pécheur.


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