L’Observatoire des religions

L’Europe et la reconnaissance des valeurs de la liberté économique. Introduction

jeudi 5 juillet 2007 par François Facchini

RESUME : Cet article soutient que l’invention du capitalisme et la généralisation du marché sont nés en Europe parce que le territoire européen était fragmenté et favorable au polycentrisme et à la concurrence institutionnelle, mais aussi parce que l’Europe avait été unifié entre V° et X° siècle par la religion chrétienne qui portait un rapport au monde favorable à la reconnaissance de l’éthique de la liberté qui est ici pensée comme la condition idéologique nécessaire au développement économique d’une nation.
ABSTRACT : This article supports, on the one hand, that the invention of capitalism and the generalization of the market were born in Europe because the European territory was fragmented and good for polycentrism. The invention of market illustrates the theory of institutional competition. It argues, on other hand, that the geography and the European polycentrism do not explain all. Europe also discovered the good institutions for the development because it was unified between V° and X° century by the Christian religion. This religion was good to the recognition of the freedom ethics which is the cultural condition to the identification of the market institution.
Définir les bonnes institutions, autrement dit les institutions qui ont permis au monde occidental (Western tradition) de prospérer plus rapidement que les autres territoires ne dit pas pourquoi l’Europe a institué les libertés civiles et organisé son système incitatif autour de leur respect. Il faut prolonger la théorie des préalables institutionnels du développement en répondant à la question posée par Norton (2000) ou Davis (1995). Pourquoi certaines Nations ont reconnu l’apport de la liberté et du droit à la prospérité économique alors que d’autres l’ont ignoré ou même combattu ?
Pour répondre à cette question, il faut proposer une théorie de l’émergence des institutions dans les sociétés humaines et du marché en particulier. La théorie des institutions insiste particulièrement sur l’invention des droits de propriété privée sur le capital. L’invention de ce droit permet l’exploitation capitaliste rationnelle, autrement dit l’exploitation des ressources sur la base d’un compte en capital donnant la possibilité aux agents de contrôler la rentabilité de leurs décisions de manière chiffrée (Weber 1967). Le capitalisme naît ainsi plutôt avec l’appropriation de tous les moyens de production par des firmes privées autonomes (Norel 2004, Chapitre 3). Ce qui conduit à penser le mouvement des enclosures en Grande-Bretagne comme un acte fondateur du capitalisme (XVI° siècle), mais pas forcément du marché qui lui préexiste puisque par définition pour échanger il faut que chacun se reconnaisse des droits.
Le commerce préexiste, en ce sens, au capitalisme qui n’est qu’une première phase de généralisation de la propriété privée sur des biens, autrefois laissé en pâture commune comme la terre. Il s’agit ainsi d’expliquer la généralisation des relations commerciales par la liberté de l’échange et le respect du processus qui conduit chaque partie à reconnaître un droit à autrui. Il s’agit, plus généralement, de penser l’avènement du marché comme la mise en place d’une société où l’on reconnaît à chacun le droit d’être libre d’agir indépendamment de ce que pense sa communauté d’origine. C’est, pour cette raison, que nous concentrons notre attention sur l’influence de la religion chrétienne sur l’idée que chacun doit respecter la liberté de l’autre.

Mots clés : liberté civile, religion, développement et institution

Keywords : civil freedom, religion, development and institution


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