L’Observatoire des religions

Les parents préfèrent les filles dociles

lundi 21 janvier 2008

Dans la plupart des civilisations, les parents préfèrent que leurs filles soient dociles, c’est-à-dire « réservées, chastes, femmes d’intérieur, et bonnes », pour reprendre les expressions de l’Apôtre Paul, ou encore, selon le Coran, doivent-elles apprendre à être « vertueuses et obéissantes ».

On l’a dit plus haut : l’invention de la pilule a totalement modifié le statut de la virginité dans les sociétés où elle disponible, ce qui montre bien, a posteriori, que les filles elles-mêmes tenaient à leur virginité d’abord par crainte de grossesses non désirées, et que dès que cette crainte a disparu, le tabou a perdu beaucoup de sa force. La « morale » la mieux établie peut être ébréchée par la technique.
Si la virginité et la docilité n’ont plus de valeur ou n’ont plus la valeur qu’elles avaient autrefois, quel élément les remplace qui fait prime sur le « marché » du mariage ? Ce pourrait bien être les études supérieures, éventuellement couronnées par un diplôme. Dans les société « évoluées » les parents dépensent beaucoup plus de temps et d’argent qu’autrefois pour que leurs filles accèdent à des études supérieures authentiques (autrefois, disons jusqu’à la Première Guerre Mondiale, les jeunes filles de bonne famille devaient se contenter de cours de cuisine et de couture, de musique et de peinture). On ne s’attend pas que ces filles sortent de l’Université ou des Grands Ecoles plus dociles – c’est souvent tout le contraire. Mais elles auront plus de chances de rencontrer un futur mari avec un avenir prometteur sur le plan social comme sur le plan du revenu. Cette rencontre peut se faire soit sur les bancs de l’Université ou de la Grand Ecole, avant ou après l’obtention du diplôme, soit dans la vie professionnelle à laquelle elles auront accédé grâce à leur scolarité. Il y a beaucoup d’endogamie socioprofessionnelle dans les mariages contemporains. Et une fille non diplômée a peu de chances d’accéder à ce segment du « marché » du mariage. Une fois mariée et chargée d’enfants, la femme, même bardée de diplômes, redevient souvent la femme au foyer traditionnelle – ce qui ne va pas sans frustration, et …indocilité. Si le diplôme remplace la docilité sur le plan de l’accès au « marché » du mariage, il aboutit parfois à son contraire sur le plan des mœurs.


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